Règles du football : hors-jeu, fautes et temps de jeu

Trois situations concentrent la quasi-totalité des discussions autour d’un match : une position de hors-jeu, une faute jugée trop sévèrement ou pas assez, et le temps ajouté à la fin d’une période. Les règles du football sont pourtant écrites avec une cohérence assez simple, dès qu’on sépare ce qui relève de la position d’un joueur, ce qui relève de son geste, et ce qui relève de la gestion du chronomètre. Le reste du règlement, remises en jeu comprises, découle de ces trois familles.
Onze contre onze : le cadre du match
Chaque équipe aligne onze joueurs, gardien compris. Une rencontre ne peut pas se poursuivre si une équipe descend sous sept joueurs, exclusions et blessures cumulées. Le nombre de remplacements autorisés, celui des remplaçants inscrits et les fenêtres pendant lesquelles ils peuvent entrer relèvent du règlement de chaque compétition, pas des lois du jeu elles-mêmes.
Les dimensions du terrain ne sont pas figées à l’unité près. La ligne de touche mesure entre 90 et 120 mètres, la ligne de but entre 45 et 90 mètres, avec une fourchette plus resserrée pour les rencontres internationales, comprise entre 100 et 110 mètres de long pour 64 à 75 mètres de large. Les buts, eux, sont invariables : 7,32 mètres entre les poteaux, 2,44 mètres sous la barre. Le point de penalty est tracé à onze mètres du milieu de la ligne de but, et la distance réglementaire du mur comme le rayon du rond central valent tous deux 9,15 mètres.
Un but est accordé quand le ballon franchit entièrement la ligne de but entre les poteaux et sous la barre. La même exigence de franchissement total s’applique aux sorties : un ballon dont une partie reste au-dessus de la ligne de touche demeure en jeu, quelle que soit la position du joueur qui le contrôle. Cette règle du ballon entier explique beaucoup d’images qui paraissent contre-intuitives au ralenti. Les lignes tracées au sol font d’ailleurs partie des surfaces qu’elles délimitent : un ballon posé sur la ligne de surface de réparation se trouve dans la surface, et une faute commise à cet endroit donne bien un penalty.
Le match commence par un coup d’envoi donné depuis le rond central, l’équipe adverse restant à l’extérieur du cercle jusqu’à la frappe. Le ballon est en jeu dès qu’il est botté et bouge, et un but peut être marqué directement depuis cet engagement. Le même geste reprend le jeu après chaque but, l’équipe qui vient d’encaisser exécutant l’engagement. Lorsque l’arbitre a interrompu le jeu sans qu’aucune faute ne soit commise, blessure ou intervention extérieure par exemple, la reprise se fait par une balle à terre remise au joueur qui la contrôlait, tous les autres joueurs devant se tenir à distance.
Le hors-jeu, la règle la plus discutée

Le hors-jeu se juge en deux temps, et confondre ces deux temps produit l’essentiel des malentendus. Premier temps, la position. Un attaquant est en position de hors-jeu si une partie de sa tête, de son tronc ou de ses pieds se trouve dans le camp adverse et se trouve plus près de la ligne de but adverse à la fois que le ballon et que l’avant-dernier adversaire. Les bras et les mains ne sont pas pris en compte, puisqu’ils ne peuvent pas servir à marquer. Le gardien compte comme un adversaire parmi les deux derniers, sans être obligatoirement l’un d’eux.
Deuxième temps, la sanction. Être en position de hors-jeu n’est pas une faute. L’infraction n’existe que si le joueur, au moment précis où un partenaire touche ou joue le ballon, participe ensuite au jeu : en touchant le ballon, en gênant un adversaire, en obstruant sa ligne de vue, ou en tirant un avantage d’un ballon rebondi sur le poteau ou dévié par un défenseur. Un joueur en retard sur la passe, même largement devant la défense, ne commet donc aucune infraction si l’action se poursuit sans lui.
Trois situations échappent totalement à cette règle : la rentrée de touche, le coup de pied de but et le corner. Aucun hors-jeu ne peut y être sifflé, ce qui autorise des placements qui paraîtraient irréguliers en jeu courant. À l’inverse, une déviation volontaire d’un défenseur qui cherche à jouer le ballon remet l’attaquant en jeu, alors qu’un simple contact subi ne le remet pas.
La sanction, quand l’infraction est constituée, est un coup franc indirect pour la défense, au point où l’attaquant était placé au moment de la passe, et non au point où il a touché le ballon.
Fautes, coups francs et penalty
Les règles du football distinguent deux familles de reprises, et cette distinction commande tout le reste. Le coup franc direct sanctionne les fautes de contact et permet de marquer sans qu’un autre joueur touche le ballon. Il concerne notamment le tacle imprudent, la charge, le croche-pied, la poussée, la retenue, le crachat et la main volontaire. Le coup franc indirect sanctionne des infractions sans contact et exige un second contact avant qu’un but puisse être validé : jeu dangereux, obstruction sans disputer le ballon, hors-jeu, gardien conservant le ballon trop longtemps ou s’en saisissant après une passe volontaire du pied d’un partenaire.
Le penalty n’est rien d’autre qu’un coup franc direct commis à l’intérieur de sa propre surface de réparation. Une faute passible d’un coup franc indirect commise dans cette même surface donne, elle, un coup franc indirect, jamais un penalty : la nature de la faute prime sur la zone du terrain.
La main mérite une précision, car sa formulation a beaucoup évolué. La limite supérieure du bras est le bas de l’aisselle : un contact au-dessus de cette limite n’est pas une main. Le geste est sanctionné lorsqu’il est volontaire, lorsque le joueur rend son corps anormalement plus large, ou lorsqu’un attaquant marque directement de la main ou du bras, même par accident.
| Type de reprise | Ce qui la déclenche | Peut-on marquer directement |
|---|---|---|
| Coup franc direct | Faute de contact, main volontaire | Oui |
| Coup franc indirect | Hors-jeu, jeu dangereux, faute du gardien | Non, second contact requis |
| Penalty | Faute passible d’un direct dans sa surface | Oui |
| Rentrée de touche | Ballon franchissant la ligne de touche | Non |
| Coup de pied de but | Ballon sorti derrière, touché par un attaquant | Oui |
| Corner | Ballon sorti derrière, touché par un défenseur | Oui |
Cartons, exclusions et arbitrage

Le carton jaune est un avertissement : comportement antisportif, contestation, retard de reprise, non-respect de la distance réglementaire, entrée ou sortie du terrain sans autorisation. Deux avertissements dans le même match entraînent automatiquement l’exclusion. Le carton rouge direct sanctionne les fautes les plus lourdes : faute grossière, brutalité, crachat, main volontaire privant l’adversaire d’un but évident, et faute annihilant une occasion de but manifeste. Dans tous les cas, l’équipe termine la rencontre en infériorité numérique, sans possibilité de remplacer le joueur exclu.
Une nuance utile : la faute qui empêche une occasion nette de but n’aboutit pas systématiquement à une exclusion. Lorsqu’elle est commise dans la surface, qu’elle vise réellement à jouer le ballon et qu’elle donne lieu à un penalty, la sanction est ramenée à un avertissement, la double peine ayant été jugée disproportionnée.
L’assistance vidéo, là où elle est déployée, n’intervient que sur un périmètre fermé : la validité d’un but, l’attribution d’un penalty, un carton rouge direct et une erreur d’identité de joueur. Elle ne corrige que les erreurs manifestes, ce qui explique qu’une décision discutable puisse être maintenue après vérification.
Le temps de jeu et le temps additionnel dans les règles du football
Un match se joue en deux périodes de quarante-cinq minutes, séparées par une pause qui ne dépasse pas un quart d’heure. Le chronomètre ne s’arrête jamais réellement : il tourne pendant les arrêts, et l’arbitre compense en fin de période par du temps additionnel. Ce temps couvre les remplacements, les soins, les célébrations de buts, les sanctions disciplinaires, les vérifications vidéo et toute perte de temps délibérée.
L’annonce faite en fin de période constitue un minimum, jamais un maximum : l’arbitre peut prolonger encore si de nouveaux arrêts surviennent pendant ce temps ajouté. Une période ne se termine pas non plus au milieu d’une action arrêtée : un penalty accordé avant la fin doit être tiré, le temps étant prolongé pour cette seule frappe.
Quand le match nul ne peut pas départager, la suite dépend du règlement de la compétition et non des lois du jeu, avec le plus souvent deux périodes de quinze minutes puis une série de tirs au but. Ce protocole n’a rien d’universel, et la comparaison des formats de départage sport par sport montre à quel point les solutions diffèrent d’une discipline à l’autre.
Les remises en jeu
La rentrée de touche exige que le joueur ait les deux pieds au sol, sur la ligne ou derrière elle, et qu’il lance à deux mains en faisant passer le ballon derrière puis au-dessus de la tête. Aucun but ne peut être marqué directement, et le lanceur ne peut pas retoucher le ballon avant un autre joueur.
Le coup de pied de but se joue depuis la surface de but et le ballon est en jeu dès qu’il est botté, sans obligation de sortir de la surface de réparation. Le corner se tire depuis l’arc tracé au coin du terrain, les adversaires restant à distance réglementaire, et un but peut y être marqué directement.
Ces reprises, apparemment secondaires dans les règles du football, structurent une part importante du jeu moderne. Les logiques de conquête après un arrêt varient beaucoup selon les sports : la mêlée et la touche du rugby reposent sur une confrontation physique organisée, quand les remises en jeu du basketball sont encadrées par un compte à rebours strict.